Une transition n’est jamais simple à la fin d’une carrière de haut niveau. Êtes-vous heureux dans vos nouvelles fonctions ?

« Le choix venait de moi et c’est toujours plus simple quand on prend la décision. J’avais préparé ma reconversion en passant mes diplômes. Mon but était d’entraîner des jeunes pour transmettre mes valeurs et ma passion, et de rentrer à Lyon. L’opportunité de prendre la responsabilité du pôle espoirs est tombée à pic. Oui, je m’éclate. »

Avez-vous retrouvé le pôle tel que vous l’avez connu quand vous étiez au lycée Jean-Perrin ?

« Le gymnase n’a malheureusement pas changé mais une rénovation va avoir lieu. En revanche, j’ai noté une évolution très favorable des conditions pour les jeunes au niveau scolaire. Les profs ont très bien assimilé que les élèves ont un double parcours et sont à fond derrière eux. C’est top. »

Un bon joueur fait-il un bon entraîneur ?

« Non et c’est pour cela que j’ai voulu me former pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. Mon passé m’a donné beaucoup d’expérience et sans doute de la crédibilité. Quand on a baigné 20 ans là-dedans, on est imprégné et on transmet naturellement. Mais je serai jugé sur mes performances en tant qu’éducateur et entraîneur. Un autre métier commence et il est à mon avis bien plus complexe. Je vais continuer à me former et apprendre tous les jours pour être plus performant. »

Quelles sont les valeurs qui vous sont chères ?

« Le travail, la rigueur, le partage et le don de soi. On crée des liens dans ce parcours de formation qui vont durer bien au-delà du pôle et du hand. Ces valeurs sont dans l’ADN du pôle de Lyon et doivent perdurer. »

Êtes-vous d’accord pour dire que les mentalités des jeunes ont évolué ?

« Oui et comme dans toute évolution, il y a du bon et du moins bon. Les jeunes sont plus connectés et commencent par regarder leurs stats à la sortie d’un match. Alors que nous, en tant qu’ancien, on attache autant d’importance à la performance collective. Le fait qu’il y ait un peu plus d’argent dans notre sport peut amener à des comportements individualistes, alors qu’il faut s’enrichir et apprendre les uns des autres. À nous de nous adapter aux jeunes générations, même si sur les valeurs de partage et de don de soi, je suis intransigeant. Par contre, travailler sur des choses plus connectées en phase avec leur langage, là je peux m’adapter. »

Quel entraîneur vous a le plus inspiré ?

« Plusieurs m’ont marqué et on essaie de prendre le meilleur de chacun. Mais Juan Carlos Pastor m’a fait changer ma vision du hand quand j’étais à Valladolid. Cet ancien prof de maths avait une approche tactique très pointue. Tout était cadré, tout avait une logique. Il essayait de prévoir tous les systèmes d’attaque et de défense, ce que l’on ne faisait pas spécialement en France. Cela me donne des pistes de réflexion même si le jeune joueur n’est pas comme le pro. Le pro, on lui fait gagner des matches. Le jeune, on essaie de lui construire une boîte à outils dont il se servira en fonction de son entraîneur et des situations auxquelles il aura à faire face. »

Un poste taillé sur mesure

Il voulait entraîner des jeunes et revenir à Lyon. Originaire de Tassin, Guillaume Joli a trouvé un poste sur mesure. Employé par la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes, il a succédé à Gilles Malfondet à la tête du Pôle espoirs de Lyon (l’un des trois sites avec Chambéry et Cournon).

Il sera également découvreur de talents avec la responsabilité de la détection sur la Ligue, et le management de l’équipe la représentant dans les compétitions.

Adossé au lycée Jean-Perrin dans le 9e, le Pôle espoirs accueille 22 jeunes, tous internes, suivis pendant trois, voire quatre ans s’ils arrivent en 3e. « Nous avons six séances du lundi au jeudi, avant qu’ils retrouvent leur club le reste de la semaine. L’objectif est de leur permettre d’accéder à un centre de formation », explique Guillaume Joli, lui-même sorti de ce Pôle il y a 17 ans, comme bien d’autres talents tels que Beauregard, Bingo, Bonnefond, Villeminot, Traoré…

Source 22/05/2020, de Xavier Breuil
https://c.leprogres.fr/edition-lyon-villeurbanne/2020/05/24/guillaume-joli-le-metier-d-entraineur-est-bien-plus-complexe

 

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